alabamamonroe

Suite à son adaptation de la pièce de théâtre “La Merditude des choses” en 2009, le flamand Felix Van Groeningen nous offre un drame magnifique, porté par les deux acteurs Veerle Baetens, Johan Heldenbergh, et la petite Nell Cattrysse. Le film remporte un “Gouden Award” au festival du film d’Ostende en 2012, et le Prix du public au festival de Berlin en 2013.

Didier ( Johan Heldenbergh) et Elise (Veerle Baetens) se rencontrent au salon de tatouage de cette dernière. Lui, joue dans un groupe de bluegrass et vénère l’Amérique. Elle, tatoue ses expériences sur son corps et vit de son art. Ils tombent tous deux follement amoureux, s’installent ensemble. Très vite, Elise tombe enceinte et attend une petite Maybelle (Nell Cattrysse), ce qui vient compléter ce tableau idyllique.

Ce fut trop beau : Maybelle est atteinte d’un cancer, et subit divers traitements dont la chimiothérapie, qui la rendent totalement chauve. Du haut de ses six ans, la petite devient de plus en plus sensible à la mort, s’interroge sur son propre destin, et ne se voit pas si différente du petit oiseau qui s’écrase à sa fenêtre et meurt à ses pieds.

Maybelle meurt brusquement et laisse ses parents dans un trou abyssal. Désemparés et démunis, Didier et Elise tentent de survivre sans leur fille, et appréhendent le deuil différemment, l’une étant spirituelle et l’autre très cartésien. Elise se renferme, dépérit, et cherche autour d’elle une forme vivante dans laquelle Maybelle se serait réincarnée, et Didier, très sanguin, croît dur comme fer à l’absence de vie après la mort. Comment rester unis dans la mort comme dans la maladie, comment trouver un nouvel équilibre, comment réapprendre à vivre ?

Cette oeuvre cinématographique mélo-médico dramatique retrace l’histoire d’un combat, de ruptures, la recherche d’une vie post mortem, enrichie d’images magnifiques, d’acteurs hors-pair et rythmée d’une B.O. de grande qualité.

Pour les insensibles qui ressortiront de ce film sans avoir lâché une larme, rester froid devant un tel traitement de l’image s’avère difficile. Si le réalisateur est un grand esthète, il est aussi un homme de goût, un passionné, ce qui explique l’amour de ses protagonistes pour la musique, qui ponctuent chaque événement de leur vie par un air de bluegrass. Dans ce film, la musique panse les blessures de la vie, elle décuple les moments de bonheur, et reste aussi importante que les acteurs.

Alabama Monroe est un de ces films qui chamboulent et qui s’imposent sans peine, autant dans les esprits que dans l’histoire du cinéma.

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