© Eliott Paquet

© Eliott Paquet

ItinéraireBis, le temps d’un aparté, a posé quelques questions à l’artiste et co-fondateur de Prestige Industry (avec son ami Côme Di Meglio) : Eliott Paquet. Un voyage enrichissant vous attend.

ItinéraireBis : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots pour ceux qui ne vous connaissent pas encore.

Eliott Paquet : Je suis un jeune artiste contemporain né (en 1990), vivant et travaillant à Paris.

IB : Depuis combien de temps faites-vous de la peinture ? Quel est votre parcours ?

E.P : Après avoir reçu une éducation jésuite, j’ai été formé en prépa aux Ateliers de Sèvres, puis aux Beaux Arts de Paris où, sous l’égide de Pascale Accoyer, j’ai pu pratiquer la peinture de façon académique. La recherche de séduction plastique m’a poussé vers une approche d’apprentissage technique classique.

IB : D’où tirez-vous votre inspiration ? Avez-vous des modèles artistiques en particuliers ?

E.P : Je m’inspire particulièrement des architectures ancestrales et monumentales, de littérature de sciences-fiction, des théories avant gardistes contre les paradigmes scientifiques, de musique contemporaine (sérielle, minimaliste et ambiant). Apres quelques années de pratique, je pense qu’un artiste se créé un prisme de compréhension du monde qui l’entoure. La question de l’inspiration devient alors auxiliaire puisqu’il trouve déjà ses réponses non plus dans l’univers mais dans sa façon de le percevoir.
Mon travail parle de l’inexorable avance du temps sur la Terre, les êtres et leurs entreprises. J’ai donc une tendance naturelle à me nourrir de ruines, de fragments jetés du passé vers notre présent.

IB : Vous avez créé, avec votre acolyte Côme di Meglio, Prestige Industry. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

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E.P : Il était simplement question de mettre un mot sur une association. Côme est avant tout un ami très proche. Il s’avère que je partage avec lui une conception de ce que doit être l’art aujourd’hui, travailler avec lui est toujours un plaisir: nos univers sont souvent liés. Nous nous critiquons et nourrissons mutuellement; nous avons donc décidé de mener au moins un projet ensemble par an en marge de nos pratiques personnelles.

IB : Quel regard portez-vous sur le monde de l’art actuellement ? La crise se ressent-elle ?

E.P : Le monde de l’art est en pleine effervescence. Il me semble que nous vivons une période charnière: ce changement de siècle est une sorte de dépôt de bilan de l’humanité. De nombreux systèmes de fonctionnement hérités du XXeme siècle sont aujourd’hui remis en question. La “dromosphère” seule direction et finalité du dernier millénaire, semble s’humaniser. Il est fascinant de voir ce changement d’époque se refléter dans le monde de l’art contemporain. La crise se ressent dans la culture humaine et donc dans l’art d’aujourd’hui: moins naïf mais plus romantique. Moins clinquant mais plus éthique. Je ressens le gigantesque syncrétisme culturel propre aux années 2000 (mondialisation et datasphère internet) comme un dernier regard jeté sur le passé. Une réunion de chantier à l’échelle humaine. Le bienfait du “caractère” artistique – qui semble être la meilleur solution pour un individu de synthétiser l’hystérie informative qu’il subit au quotidien- ajouté à la démocratisation exponentielle des outils et technologies de la création nous offre des générations d’artistes plus nombreux et diverses.

IB : Votre coup de cœur artistique du moment ?

E.P : Le travail de Timur Si-Qin, artiste berlinois travaillant sur les codes de la publicité et l’esthétique numérique est envoutant.
L’exposition de Philippe Parreno au Palais de Tokyo à Paris m’a permis de découvrir un artiste complet, onirique. Jamais l’espace cyclopéen du centre d’art n’avait été aussi bien exploité lors d’une exposition.

IB : Quels sont vos projets pour la suite ? Des expositions, des collaborations ?

E.P : J’exposerai mon travail dans le quartier de Belleville via la Galerie Doat & Servadio en Décembre 2013. Une exposition avec Côme DiMeglio est à prévoir pour Février et j’espère pouvoir présenter mon travail lors du salon de Montrouge.
Je cherche également à présenter une installation de dolmens.

IB : Le mot de la fin…

E.P : Merci infiniment pour l’intérêt porté à mon travail.

Elliot Paquet

Eliott Paquet

Matrice - Eliott Paquet

Matrice – Eliott Paquet

Hiérophanies - Eliott Paquet - 2013

Hiérophanies – Eliott Paquet – 2013

Les bâtisseurs - Elliot Paquet - 2013

Les bâtisseurs – Elliot Paquet – 2013

Crédit photos : Eliott Paquet & Prestige Industry