azzedine-alaia-yasmin-gauri-demarchelier-vogue-1991_thumb[2]alaia

Fraîchement rénové en automne 2013, le Palais Galliera accueille en son sein le surdoué de la mode Azzedine Alaïa jusqu’au 26 Janvier 2014, pour une première rétrospective à Paris. Une sélection de soixante-dix modèles est exposée dans les galeries rénovées du Palais ainsi que dans la Salle Matisse du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

Fort de plusieurs années d’études de sculpture aux Beaux Arts de Tunis, il apprendra la couture avec sa sœur, qui travaille pour une couturière. Mais surtout, il reproduira des modèles de grands couturiers tels Dior ou Balmain.

A la fin de la guerre d’Algérie, Alaïa arrive à Paris et s’installe dans une chambre de bonne, tout en vivant du baby-sitting et de la couture. Yves Saint Laurent prend la tête de la maison Dior à la mort de ce dernier, puis Alaïa y est engagé comme tailleur pendant une brève période de cinq jours, où il coud des étiquettes. Parallèlement, il se constituera une clientèle privée. Il partira ensuite travailler chez Guy Laroche puis chez Mugler, avant de réaliser une collection pour le compte de Charles Jourdain, mal reçue par une clientèle encore trop habituée à la haute couture de Givenchy ou Saint Laurent. Par la suite, Mugler le pousse à ouvrir sa propre maison et le début des années 80 marqueront l’avènement de son art : il lancera sa griffe « Azzedine Alaïa ». S’ensuit alors un franc succès : ventes de ses modèles organisées par d’influents magazines américains, premier défilé de prêt-à-porter, et mini-défilés organisés à l’écart des Semaines de la Mode dans son atelier-appartement de manière privée. Ses muses : Grace Jones et Farida Khelfa.

Puis au milieu des années 80, c’est l’explosion. Il reçoit deux Oscars de la Mode, la presse encense son travail, loue son goût pour les matières innovantes, le public admire ses coupes novatrices, sa manière de sculpter et de célébrer le corps féminin, et surtout, ses silhouettes qu’on saurait reconnaître parmi tant d’autres, fines, élancées, sculuturales, presque divines, à l’image de son égérie, Grace Jones. Alaïa joue avec les matières : il compare le cuir à de la dentelle et le découpe au laser, il met les courbes féminines en exergue comme nul autre en travaillant les matières strech, semblant littéralement épouser le corps, et souligne, célèbre la femme : tout un chacun dirait que les pouvoirs du couturier vont par-delà le champ de la mode pour embrasser une certaine sensualité. Plus qu’un couturier, il se veut l’architecte du corps féminin.

On décèle dans le travail du couturier une inspiration certaine de l’oeuvre de Madeleine Vionnet et sa coupe en biais, mais surtout, plus que tout, la femme en elle-même :

« Je ne suis pas dans la mode, je suis là pour les femmes. C’est une obsession pour moi qu’elles soient belles. J’ai toujours pensé qu’une robe passée sur une femme l’encadre, la met en valeur. La robe ne doit pas éclipser la femme, elle la révèle à sa propre beauté. »

Il est donc plus que temps de découvrir cette rétrospective pendant cette dernière semaine.

Informations :

Tarifs :

Plein tarif : 8 € / Tarif réduit 1 : 6 € / Tarif réduit 2 : 4 € / gratuit pour les – de 14 ans.

Horaires :

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
Nocturne les jeudis jusqu’à 21h

Téléphone :
01 56 52 86 00

Accès :
Métro : Alma-Marceau ou Iéna (9), Boissière (6)
RER C : Pont de l’Alma

Site officiel :

http://palaisgalliera.paris.fr/

Source des photos : palaisgalliera.paris.fr

%d blogueurs aiment cette page :