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Moins d’un an après sa première mixtape Signed To The Streets sortie sur le label Coke Boys qui l’a fait découvrir à un plus large public grâce notamment au martial Dis Ain’t What U Want, le jeune MC de Chicago Lil’ Durk a remis ça avec Signed To The Streets 2 et en profite pour tordre le cou à ce fameux constat qui indique que les suites sont en général de moins bonne qualité.

Murder rates so high ’cause of the body count/Everyday newscasts say a body found

Lil’ Durk réussit encore une fois à dépeindre un contexte glauque et infernal dans une ville qui n’est autre que, vous le savez probablement déjà, la capitale du crime aux États-Unis.
Là-bas les balles pleuvent autant que le vent y souffle, et impossible de ne pas y voir un lien avec l’interprétation de Durk. Celle-ci sort du lot grâce à une certaine fragilité (voir la plupart de ses proches finir entre quatre planches laisse forcément des traces à 21 ans) mais grâce aussi à une froideur et une férocité à toute épreuve, faisant de lui un homme qui n’a peur de rien, et qui a déjà tout vu malgré son jeune âge.
Mais le réduire à ça serait passer à côté de son talent technique. Lil’ Durk offre ici un large éventail de flows, et on ne sait même parfois plus très bien s’il chante ou s’il rappe sur des morceaux comme Rumors ou Live It Up, mais peu importe car ça fonctionne.

Même quand il s’agit de faire la fête, comme sur le morceau Party qui convie l’incontournable Young Thug, l’ambiance est toujours aussi sombre et pesante, comme pour rappeler que la nouvelle de la mort d’un proche peut arriver à tout instant.
C’est ici que l’excellent choix des productions se fait sentir, donnant à ce projet une meilleure cohérence qu’au premier opus, qui même s’il possédait plus de tubes potentiels souffrait de quelques tracks bouche-trous.

En fait le seul point faible que l’on pourrait invoquer est l’absence du moindre autre rappeur chicagoan. La voix d’un Lil’ Herb, autre grand artisan de la drill music actuelle n’aurait pas été de trop.
Mais peu importe car avec un projet aussi carré, impossible de ne pas voir en lui l’actuel King of Chiraq.

« Remember The Name », son premier album chez Def Jam, est attendu pour cette fin d’année, et tout porte à croire qu’il marquera un tournant pour la nouvelle scène rap de Chicago à l’échelle internationale, ce que Chief Keef n’avait pas réussi à concrétiser fin 2012.

Par Florian Gilleron

Signed To The Streets 2 en écoute intégrale sur Youtube