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Paris offre désormais une concurrence et une complémentarité immenses de clubs et de soirées pour les amateurs de musique électronique. Mais la techno, genre à l’intérieur du genre, rassemble de plus en plus d’adeptes et se démocratise grâce à une palette d’artistes de plus en plus large participant à des manifestations de plus en plus populaires, comme le Weather Festival depuis plusieurs années. Cet engouement pour ce genre qui se proclame underground s’illustre par des clubs bondés aux dates des soirées techno, comme c’était le cas le mercredi 13 mai dernier au Faust.

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HAÏKU avait ce soir-là élu domicile sous le pont Alexandre III, pour un dix-neuvième rendez-vous techno délicieux avec MIND AGAINST, SOMNE et HollSön. On ne s’attendait pas à voir autant de monde dans ce club d’ordinaire plutôt intime, mais à peine le premier set commencé, on se pousse sur le dancefloor pour être plus près des basses que nous envoie HollSön avec amour. C’est parti pour un set poético-technoïde parfait pour commencer la soirée : des beats qui font taper du pied, et des moment où le public plane sur la musique ; on remarque aussi pas mal d’unreleased tracks. Dans le club, les gens paraissent ailleurs, et tout le monde te demande quand commence le set de Mind Against, la tête d’affiche. Deux heures du matin, les deux italiano-berlinois prennent le relais et nous offrent un set tel qu’on l’attendait : psychédélique, doux et violent à la fois, délicieusement techno et pourtant si difficile à classer. Le fumoir se vide pour remplir le dancefloor : tout le monde est là, les yeux fermés, les bras levés. L’ambiance est étonnamment différente des autres soirées du Faust, plus mystique et amicale ; les gens partagent, échangent sur la musique, on voit très peu de smartphones greffés dans les mains. Il est désormais quatre heures du matin et les plus fatigués sont rentrés, mais les autres sont toujours là pour l’ultime set : celui de SOMNE pour de la techno encore plus mystique, riche de perles que l’on savoure les unes après les autres.

La gravité n’existe plus, on ignore la fatigue pour continuer à bouger hors du temps, pour encore quelques instants durant lesquels chacun peut être ce qu’il veut : une pause dans la vie réelle, et on se laisse porter par la musique qui recrée l’espace. Une révélation musicale, une délicieuse escapade hors du temps. Merci.

Report by Audrey Touvron