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La 22ème édition du festival brestois Astropolis a commencé hier au Manoir de Keroual avec, encore une fois, une programmation de qualité.

Partenaire de cette édition, ItinéraireBis est partie à la rencontre de Matthieu Guerre-Berthelot, un des deux co-fondateurs (avec Gildas Rioualen) de cette fête électronique annuelle dans le pays de Brest.


ItinéraireBis: pouvez-vous vous présenter pour les lecteurs ItinéraireBis.


Matthieu Guerre-Berthelot: Astropolis a été une Rave des années 90, comme il s’en montait des dizaines à travers la France, avant l’avènement du phénomène Free Party… On n’imaginait pas qu’au début des années 90, qu’Astropolis fêterait ses 22 bougies, cet été 2016. En 1990, nous avons intégré l’association étudiante de l’IUT de Brest. Pas vraiment fans des soirées mousse ou infirmières, chères aux étudiants, nous avons très vite organisé des concerts. Jusqu’en 1993, avec l’association Ere Sonic, nous avons invité les Boo Radleys, The Divine Comedy, Dominique A, Moose, Sidi Bou Said, Katerine, Miossec (son premier concert), Diabologum… Arrive « Rave ô Trans » à Rennes en 1993. La claque… On y découvre la techno. Suivra notre Winter of Love. On abandonne nos disques à guitare, pour battre la campagne. On découvre d’autres publics, en Bretagne lors des raves Praxis, Guy L’Eclair, Transfund. On parcourt l’Europe en car vers Mayday, Energy, Tribal Gathering. Très vite, on monte les soirées « After Pop is Techno » tendance Madchester, puis des petites soirées dans des gîtes, des forts en ruine autour de la rade de Brest, sur des plages, avec la scène locale. Puis viendra Astropolis qui n’est pas le plus grand, le plus hype des festivals électro en France. Mais c’est le plus vieux… Depuis 1995, on a organisé un événement chaque été. Contre vents et marées. L’équipe a su transformer une rave en festival. Nous avons eu parfois de la chance, rencontré les bonnes personnes, même si on a connu de sacrées galères (météo capricieuse, tentative d’interdiction, producteur indélicat, un fait divers qui se solde par un meurtre en 1999, contrôle fiscal…). La longévité du festival vient avant tout de notre sincérité, de notre amour des musiques actuelles, du groove… Et aujourd’hui on est super heureux de voir que la culture electro (souvent underground et pointue) est suivie par un public nombreux, sans avoir besoin des médias classiques.


“On est passé des pages faits divers aux pages culture.”


IB: quelle a été votre réaction en lisant l’édito d’Agoria pour présenter cette édition 2016 ?


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Matthieu Guerre-Berthelot: on a été très touchés. On ne lui connaissait pas ce talent. En plus d’être un excellent dj, un des meilleurs producteurs français, qui devrait bientôt s’imposer dans le milieu du cinéma, il peut être aussi un excellent journaliste. Le texte est super bien écrit. Agoria nous connaît bien… La première fois où on l’a rencontré, c’est lors de la rave D-Mention en 1998, où nous avions mis en place un stand pour faire la promotion de Astropolis 98… avec billig (aussi dénommée galetière) pour les crêpes et 80 bouteilles de Chouchen… Tout le clan Lyonnais est passé au stand où nous leur expliquions les effets de la boisson des druides « le venin d’abeilles contenu dans le chouchen te bloque l’arrière du cerveau… et tu pars en arrière »… Agoria y est passé… Agoria est aujourd’hui un ami. On a le même parcours. On a connu la techno, les raves de la même manière, on aime souvent les mêmes choses. J’ai un chouette souvenir de lui : Agoria aime bien parfois terminer ses sets avec un track sur demande… A Scopitone, Agoria dans les loges du festival, nous demande un titre pour terminer son set : dans la foulée on lui dit « Le courage des oiseaux » de Dominique A, glorieux nantais… Agoria ne connait pas trop l’artiste. il télécharge le morceau et nous envoie par texto, alors que nous étions sur le dance-floor… « vous êtes sûr ?…  C’est chaud de passer ce morceau là!!! »… On répond : « mais oui, c’est très New Order, vas-y »… Agoria terminera son set par ce track, devant l’équipe de Scopitone, éberluée (!!!)… Classe !!!


L’édito d’Agoria disponible ici


IB: la 22ème édition du festival Astropolis arrive à grand pas. Il y a t-il des changements par rapport à la précédente édition ?


Matthieu Guerre-Berthelot: on travaille par petite touche. On fait évoluer le projet petit à petit et on a appris à grandir… On essaye surtout de peaufiner l’organisation. On est passé des pages faits divers aux pages culture. On a plus le temps de travailler les détails de l’édition. Le Manoir de Keroual reste le point culminant du festival : la fête originelle d’Astropolis. Cette année on va travailler encore plus la scénographie du site et des scènes, on va améliorer encore l’accueil, le son, les lumières… Les offs sont très développés encore, en particulier en proposant un Vinyl Market à Passerelle, un happening au lavoir de Saint Martin, plus des starters avec différentes association du Grand Ouest… Et le tout en restant à taille humaine.


IB: un commentaire sur la programmation de cette édition 2016. Quels sont vos coups de cœur cette année ?


Matthieu Guerre-Berthelot: pas mal de choses. On essaye toujours de programmer des groupes qui nous plaisent et les propositions actuelles dans le milieu électro sont nombreuses et de grande qualité. Le live d’Emmanuel Top, de Venetian Snares, le back 2 back de Roman Flügel et d’Alex Boman, les sets de Nastia ou Kerri Chandler vont marquer le festival… Mon côté fan vous dira : Andrew Weatherall, qui va mettre à genoux la cour du Manoir en mixant classique techno, pépites spatiales venue de nulle part et j’espère le mémorable Higher Than The Sun de Primal Scream, track au début des années 90… Sinon j’attends aussi Space Dimension Controller, Shed, Helena Hauff et les suédois de SHXCXCHCXSH.


IB: quelle serait votre playlist « édition 2016 » ?



IB: un dernier mot pour les indécis.


Matthieu Guerre-Berthelot: depuis plus de 20 ans on essaye d’organiser Astropolis comme une fête avant tout. Et une fête où on aimerait aller… Et parfois, on peut être difficile !!! Dans Astropolis on y retrouve beaucoup de nos influences, qu’elles soient rock, pop ou electro… Tant d’éléments qui ont su fidéliser un public. On peut aussi dire que vous pouvez venir à Astropolis sans être un fan de musiques électroniques et que vous y passerez une excellente soirée… et on le répète : « La fête dépend aussi de vous !!! »…


Billetterie


Crédits photo: Astropolis – Photo Agoria prise sur le magazine WATM

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