Le titre “The Isle Of Arran“, découvert par le public dans l’émission d’Annie Mac sur BBC Radio 1, est la première pépite du nouvel album “Yesterday’s Gone” (sortie le 20 janvier sur le jeune label AMF Records) de Loyle Carner, jeune rappeur de 22 ans originaire du sud de Londres. Rappelant le Kanye West des débuts, le titre nous transporte avec des samples gospel et des applaudissements donnant le rythme au morceau.



Dès la première écoute, la variété de l’album frappe. Érudit et poétique, Loyle Carner puise son inspiration dans la diversité de ses influences. “Yesterday’s Gone” se situe à la croisée entre hip-hop East Coast, sonorités aux couleurs jazzy du sud de Londres et une pop décontractée aux accents soul.


Loyle respire l’authenticité et nous emmène, avec un flow unique, sur ses chemins tortueux avec émotion et vibration.


Yesterday’s Gone” est un album bâti sur des sentiments simples et profonds mêlant spleen, moments de vie du jeune rappeur et espoir viscéral en l’avenir. Loyle Carner dégaine sa plume pour différente raison: une lettre touchante à une soeur adoptive imaginaire dans le titre “Florence” et un droit de réponse à ceux qui lui reprochent de faire les mêmes chansons dans le titre “Ain’t Nothing Changed“. “Swear” (sur lequel Loyle enregistre en secret une conversation avec sa mère au sujet de l’utilisation des gros mots) illustre la relation symbiotique que le rappeur entretient avec sa mère.



La vie et ses aléas a très vite forgé le jeune Carner. À la fin de sa première année d’université, Loyle perd son beau-père. Très affecté, Loyle abandonne ses études, signe son premier EP un an plus tard et consacre tout son temps à la musique. Il en parle dans son titre “Damselfly”, enregistré avec le producteur Tom Misch qui en chante le refrain. Mais un jour, il y a eu cette fille et la lumière sentimentale revint dans le coeur fragilisé de Loyle.


Quand mon père est mort, j’ai perdu ma capacité à aimer. C’est de ça que parle le titre “Damselfly“, explique Loyle.



Sur ce premier album, Loyle Carner n’oublie personne. Dans son titre “Mrs C“, Loyle écrit pour l’une de ses meilleures amies, Eliza, quand il apprend le cancer de la mère de cette dernière. Une étape difficile enduré par Loyle un an plus tôt. Très proche d’Eliza et de sa famille, il lui écrit cette chanson pour lui remonter le moral et lui dire qu’elle n’est pas seule.

Pour clore l’album, Loyle a réuni sur le morceau “Sun Of Jean” le beat de la musique de son père et la voix de sa mère pour les immortaliser à jamais: “Je voulais qu’ils soient à nouveau dans la même pièce” dit-il. Mission réussie.


Le tout se termine comme il se doit, par une chanson écrite par mon père, “Yesterday’s Gone”, d’où l’album tire son nom. C’était parfait.


Loyle Carner, qui a déjà partagé la scène avec Nas, Joey Badass et Kate Tempest, passera au Badaboum le 25 février prochain (déjà complet).


Dernier cadeau: son feat avec Tom Misch sur le titre “Crazy Dream”



Remerciements à Sophie de Caroline pour l’envoi de l’album et du CP