[Report] KIK à la Légion d’Honneur

Ce samedi 29 avril s’est tenue la première édition extra-muros du collectif KIK avec notamment Hans Bouffmyhre, Chris Liberator en B2B avec Sterling Moss et le duo Wlderz. Le collectif, anciennement New Rave Vision, a choisi d’investir, de 16h à 6h, un bâtiment, ou plutôt, un monument, exceptionnel par sa beauté et sa charge historique, puisqu’il s’agissait de l’une des ailes de la maison d’éducation de la légion d’honneur. Retour avec les membres de KIK sur cet événement et ses 14h de son au cœur de Saint-Denis.



KIK est un collectif présent sur Paris et sa région depuis déjà 2013 sous le nom de New Rave Vision (NRV), ses membres expliquent ce changement de nom de façon très pragmatique: “Les termes «rave» et «énervé» sont assez mal vus et mal connotés, et ont tendance à effrayer les pouvoirs publics ou les gérants des espaces qui nous intéresseraient. KIK a le mérite d’être simple à retenir, à écrire, et s’inscrit totalement dans l’idée que nous nous faisons de la techno: rien n’est plus plaisant que d’entendre un kick bien rond et profond qui prend aux tripes.” Cependant, leur objectif reste le même et s’inscrit ainsi dans la lignée de leurs précédents événements: que leur public prenne autant de plaisir à participer à leurs soirées qu’eux. Malheureusement, nous n’étions présents qu’à la partie soirée de cet événement extensible, mais leur volonté était de créer “une vraie évolution au fil de la soirée, quelque chose de progressif, commencer avec une techno ronde et groovy, comme Lowkey & Kardinal et Skober savent le faire, puis passer sur une techno plus industrielle et percutante, que Hans Bouffmyhre a su envoyer à merveille, pour enfin terminer sur une violence rythmée et acide avec les papas Chris Liberator et Sterling Moss.”

Dès l’arrivée sur les lieux, le bâtiment impressionne et un sentiment d’inhabituel s’en dégage puisque de l’extérieur, à travers les fenêtres haut-perchées de la structure, nous pouvons voir les lasers qui s’agitent au rythme des beats. Rien d’ordinaire ici donc, puisque ce lieu dans lequel on imagine plutôt que la rigueur règne, est en réalité, jusqu’à 6h tout du moins, le théâtre d’une fête frénétique. Sans même rentrer dans le bâtiment, le décalage entre une architecture très classique et les basses techno qui en émanent provoquent un mélange étonnant. KIK nous a expliqué comment ils avaient réussi à obtenir ce lieu: “C’est grâce à l’action conjointe de l’association Ligne 13, dont le travail est le développement d’événements musicaux à Saint Denis, et de la municipalité, qui nous ont fait une confiance totale et nous ont laissé carte blanche pour l’aménagement du lieu. Cette salle est souvent exploitée pour des expositions ou pour le festival de Saint Denis mais n’avait jamais eu la chance de connaitre un événement purement électro, c’est désormais chose faite.



Une fois à l’intérieur, la scénographie épurée, les lumières principalement blanches, et l’arrière plan vidéo tamisé, participent clairement à la mise en valeur du lieu, faisant ressortir les moulures et le balcon plutôt que de les occulter. Les choix de base n’ayant pas été réalisables, le collectif s’est finalement dit que “le mieux était parfois l’ennemi du bien, les lumières étaient suffisamment puissantes pour donner une certaine atmosphère dans une parfaite harmonie avec la disposition de la salle“, une idée du «less is more» avec laquelle nous sommes parfaitement d’accord. Au delà de la salle principale, Triple-D, en aménageant l’espace extérieur, est parvenu, comme toujours, à rassembler la foule dans une ambiance de «camaraderie» dans la cour de récréation de la maison d’éducation.

Concernant les artistes présents, le choix du collectif s’est naturellement porté vers un line-up composé d’artistes dont ils nous ont confié être “fans“:  “On se demandait quel line up serait le plus à-même de plaire au plus grand nombre, être éclectique sans être élitiste, et nous avons tout simplement regardé dans nos portables, nos clés usb, nos favoris youtube les tracks qui nous parlaient et nous plaisaient le plus.” Sur les coups de minuit, c’est donc le duo français Wlderz qui entame un set, et non pas un live comme prévu, puisqu’ils ont souffert d’un problème technique. Cependant nous ne leur en tiendront par rigueur car, malgré cela, ils ont largement été à la hauteur des attentes qui découlaient de la sortie, en janvier dernier, de leur EP Sad Industry sur le label Skyptöm. C’était ensuite au tour de l’écossais Hans Bouffmyhre de nous proposer un set énergique et nuancé dans sa puissance, puisqu’il jouait efficacement sur nos attentes, en nous faisant attendre le plus possible le drop qui sait ravir nos corps. La palme de l’intensité reviendra pourtant à l’explosif back to back entre Chris Liberator et Sterling Moss d’une rare précision et teinté d’un charme rétro, à travers des vocaux sombres ou délirants toujours bien tombés, placés sur des kicks puissants. Rien de plus parfait pour clôturer cette soirée qui a su jouer sur les contrastes, que ce soit entre le lieu et ce qui s’y déroulait, ou sur les jeux de lumières. L’investissement du bâtiment de la légion d’honneur, attraction principale de cet événement, a été une réelle réussite qui prouve bien que la techno s’adapte à tous les lieux.

%d blogueurs aiment cette page :