[Report] Nuits Sonores 2017 – 15ème édition

C’était il y a plus d’un mois déjà ! Retour sur la quinzième édition du festival Lyonnais Nuits Sonores qui a réuni quelques 140.000 visiteurs, un record depuis sa création.

Avec une programmation dantesque où l’on a retrouvé les habitués tels Laurent Garnier, Fatima Yamaha, Minds Against ou encore Floating Points pour ne citer qu’eux ; les Nuits Sonores 2017 resteront dans les mémoires pour leurs journées à la Sucrière comme pour leurs nuits dans les anciennes usines Fagor-Brandt.

Retour donc sur ces 5 jours complètement hors du temps où nous avons pris une claque auditive mais également visuelle.


Nuit 1


La nuit est chaude et nous sentons l’effervescence et l’ivresse monter lors du court trajet reliant le métro Debourg aux anciennes usines Fagor. Tous avançons vers ce qui sera notre repaire ces prochains soirs. Nous percevons déjà les premières vibrations émanant des énormes hangars et d’un coup on se dit : Ca part ! On y est !Petit tour du propriétaire, histoire de prendre nos marques, trois halls bien distincts où trois styles s’y opposent dans un premier temps, un vaste espace de restauration dans une autre halle, des coins chill et une fourmilière de festivaliers déambulant dans ce dédale de teuf.

La scénographie et les jeux de lumières subliment des artistes qui nous en auront fait voir de toutes les couleurs, que ce soit Vitalic et son set aérien, où il alternera entre son dernier opus « Voyager », et autres classiques devant un auditoire massif et conquis par ces sonorités spatiales ; l’Allemande Sarah Farina et son style bien punchy venu d’une nouvelle ère aux basses dark et aux vocals R&B, de quoi se prendre une bonne dose de groove avant de partir sur Mind Against, le duo qui ne déçoit jamais et qui a su électriser tout le monde d’entrée de jeu et ce jusqu’au closing. Dans le hall voisin, avec son maillot de Manchester United sur le dos, Laurent Garnier nous propose un set en deux phases, une première bien classique alternant entre acid et drum’n’bass pour finalement plonger dans un univers totalement UK qu’il ne nous présente pas si souvent en club, que ce fut bon.


Jour 1


La Sucrière accueille les journées des Nuits-So avec trois espaces dédiés: la grande salle 1930, l’esplanade surplombée des fameux silos et le Sucre. C’est sous un soleil de plomb que commence cette journée placée sous le signe de la house : « A day with The Black Madonna ».Un crew made in US avec Jamie 3:26, Honey Dijon ou encore Derrick Carter se mélange aux petits nouveaux de la scène berlinoise tels que Peggy Gou pour nous faire vivre une expérience riche en sonorités légères, chill et qui sentent l’été à plein nez. La Mado a pris les commandes en fin de journée en compagnie du duo Optimo pour nous agiter et faire monter la température de quelques degrés supplémentaires avec un set un chouia plus énervé, on ne peut plus groovy et gorgé d’amour.


Nuit 2


« Le circuit » ou l’opportunité de vadrouiller à travers Lyon by night et découvrir une multitude de spots, que ce soit en intérieur ou sur les quais, la ville était entièrement investie et le plus difficile fut de choisir où larguer les amarres. Après délibérations, nous avons atterri au Petit Salon pour y découvrir deux univers totalement différents : une salle rap / hip pop mitoyenne d’une salle techno. Entre les deux mondes, un sas de 10 mètres faisant office de frontière tant les ambiances étaient différentes mais quel kiff ! Nous avons été scotché par le set ultra énergique de Ben Sims qui a ensuite laissé place au lyonnais Arthur Perrin aka Dykore qui jouait à domicile.


Nuit 3


Après un rapide passage au Jour 2 à la Sucrière pour les set de Bjarki et Nina Kravitz, afin de se mettre en jambe, nous retournons aux usines Fagor pour commencer notre périple avec l’immanquable Fatima Yamaha et ses mélodies devenues cultes. Une heure de set de pur bonheur, où on a senti que le plaisir était partagé comme l’a laissé deviner son large sourire en fin de set.

Une nuit placée sous le signe de l’éclectisme tant les halls proposaient des styles variés. Rien de mieux pour s’ouvrir à de nouveaux horizons avec par exemple Mustafa Özkent et son groupe qui nous ont sidérés par leurs échanges en 4 x 4 devant une foule d’avertis ou de curieux en quête d’un second souffle. Après quelques verres au Bar du Hall D, qui restera lui aussi dans nos cœurs tant les bénévoles y étaient adorables, nous repartions dans notre quête de nouvelles sonorités avec le jazz du Pharoah Sanders Quartet.Puis tout à coup, ça s’accélère. Le résident de Concrete François X B2B Bambounou nous rappellent en un rien de temps qu’on est aussi là pour taper du pied. S’en suit dans la foulée Le set de cette édition, Floating Points nous sort un ovni, une master piece, une heure de rêverie où il nous emmènera loin, très très loin le tout sur fond de jeux de lumières qui nous auront rendu dingue tout au long du festival. Chapeau pour la scéno.

Après cette baffe visuelle et musicale, nous avons rempilé pour le B2B entre l’Allemande Helena Hauff, que l’on ne présente plus, et le lyonnais Umwelt, si discret dans sa com mais bien moins dans ses sets, c’était la folie jusqu’au closing. Lumières hypnotisantes avec deux grandes colonnes lumineuses en parfaite harmonie avec ce B2B des plus énervés qui nous plonge dans l’univers le plus profond de la techno.On ne pouvait pas conclure cette soirée sans passer faire un tour du côté de Funkineven qui a mis tout le monde d’accord et qui a su rameuter les quelques indécis avec un morceau resté dans les esprits : The Bell de Jeff Mills.


Jour 3


Dernière journée chapeautée par John Hopkins à la Sucrière, toujours sous un soleil de plomb et en excellente compagnie puisque nous avions l’embarras du choix une fois de plus. Entre les sets de Nathan Fake au Sucre, Daniel Avery juste en dessous (salle 1930) et le plein air d’Anthony Naples notre cœur balance et nous nous sommes laissés porter par les mouvements de foules et les retrouvailles des amis laissés la veille sur le dance-floor.Ultimes instants de décompression et de détente avant de repartir sur les sentiers du son, sous une chaleur accablante, cette journée se conclue avec un John Hopkins en pleine forme et des festivaliers des plus friendly, heureux de partager cet instant de bonheur et de cohésion.


Nuit 4


Dernière croisade et dilemmes cornéliens : que choisir entre « l’ancien » Soichi Terada et sa house japonaise et les Chemical Brothers qui cassent la baraque dans le hall C devant une marée humaine subjuguée et enivrée par les tracks puissantes du duo anglais ? On ne savait plus où donner de la tête, on se perd puis on se retrouve tous pour l’entrée en piste de Kink et ce moment magique de complicité qu’il entretiendra avec Soichi Terada lors de l’entre deux set. C’est ici qu’on posera nos valises pour une heure et demi d’un set riche en sonorités, qui évoluera entre house et acid, on oublie tout et on savoure. On recroise des pèlerins avec qui nous avions voyagé les nuits précédentes pour conclure cet opus 2017 en harmonie devant DJ P. Moore qui aura raison de nous. On quitte les lieux exténués, rincés, les jambes lourdes, les oreilles sifflantes et la tête pleine de souvenirs…Pour cette 15ème édition il faudrait d’abord remercier ceux qui l’ont rendue possible, les orgas, les artistes, les bénévoles, les festivaliers, les techos… et j’en oublie. Cette communion diurne et nocturne autour de la musique fut magnifique, tout était réuni pour que ces 5 jours soient réussis : le beau temps, les lieux et la gestion des espaces, la scénographie… tous ces facteurs environnementaux qui participent à la déconnection totale une fois les sas de sécurité franchis.

Nous voulions revenir sur cet événement à tête reposée pour se remémorer ces instants de bonheur, ces moments passés entre potes autour d’une passion et d’une fête qui ne devrait jamais s’arrêter. C’était fou, la prochaine édition se déroulera du 9 au 13 Mai 2018 et j’ai envie de dire : ça part !


Report par Jules N.

Crédits photo: © www.gaetan-clement.fr, © Laurie Diaz, © Nuits Sonores 2017

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