C’est dans le cadre feutré d’un café parisien situé non loin de République que nous avons enfin pu rencontrer Bellaire, petit prodige house de 19 ans seulement.  Succès naissant, rapport à la musique, influences, projets futurs…tout à été passé en revue au cours d’une interview où la cohérence et la spontanéité des réponses apportées n’ont eu de cesse de justifier l’emballement qu’il peut déjà y avoir autour de lui. Si vous ne le connaissez pas encore, une petite mise en bouche s’impose !

La vidéo, mise en ligne le 30 Mai dernier par Houseum, comptabilise déjà plus de 400 000 vues sur Youtube !

 

“Hello Bellaire, ça fait quoi d’avoir 19 ans et déjà tous ces milliers de vues ?

(Rires) Et bien ça fait plaisir ! Même si dans le fond cela ne change pas grand-chose…
Ce sont surtout les commentaires et les échanges avec les personnes qui m’importent.
Je passe ainsi pas mal de temps à lire tous les commentaires sous chacune des vidéos, à discuter avec des gens qui apprécient ce que je fais. Bref, ce sont les retours qui sont le plus important pour moi !

C’est vrai qu’en termes de retour, tu en as eu beaucoup, et notamment des très positifs…

Oui, il y en a eu plein, mais l’un des tout premier retours fut celui de Dure Vie, dont l’un des fondateurs, Benjamin, à posté mon titre Ghetto Dance sur le groupe « Chineurs de House ».
C’est grâce à ce titre qu’il m’a repéré puis proposé par la suite de faire une date sur le Woodfloor de concrete en Juin dernier.

Quand Bellaire est-il devenu Bellaire ?  T’es tu lancé récemment ou est-ce un projet très relativement ancien et muri ?

On peut dire que c’est un projet relativement récent.

En fait avant, je faisais de la prod. Hip-hop, enfin j’en fais toujours d’ailleurs, sous un nom qui s’appelle Boubou. Un jour, des potes, et notamment Nathan, m’ont fait écouter de la house. C’était il y 6 ou 7 mois je crois et j’ai instantanément accroché. J’ai tellement kiffé que j’ai décidé de me lancer dans ma première prod. à la suite d’une soirée. Every Day, ma toute première prod. house est ainsi née. J’ai ensuite crée une page facebook et envoyé le titre à la chaine youtube spécialisée Houseum. Cette prod. , je l’avais composé par délire à la base, mais j’ai quand meme décidé de la poster sur le groupe CDH à l’occasion d’un “producer-day”, un concours entre producteurs.

J’ai eu des bons retours à la suite de celui-ci donc j’ai décidé de continuer dans cette voie, voyant que certaines personnes aimaient bien ce que je faisais.


Tu évoquais tout à l’heure ton collectif, le comptoir auditif. Peux-tu justement nous parler des différents collectifs/labels dont tu fais parti ?

Le comptoir auditif, c’est mon label, c’est vraiment ma maison, c’est mes meilleurs potes.
C’est un label qui est hyper éclectique, pas du tout uniquement centré sur la house.
On a des mecs qui font du hip-hop, d’autres qui font de l’electro … On est tous une bande de potes qui s’éclatent. Ils s’occupent de distribuer ma musique sur les plateformes et gèrent aussi pour moi tout ce qui est management et booking. C’est avec eux que je continuerai de monter, jusqu’au bout.
Après, j’interviens aussi sur d’autres label quand on me le demande, ou a la suite d’échange fructueux sur Internet,  notamment avec
De La Groove, label avec lequel j’ai collaboré pour deux soirées, l’une avec Folamour et l’autre qui avait lieu à l’international à Paris.
Le prochain projet avec eux est d’ailleurs de leur donner un morceau pour une compil’ qui regroupera divers artistes et qui sortira en vinyle.

Justement, où en es-tu d’éventuelles autres releases vinyles ?

Le gros projet sur lequel on travaille en ce moment est la sortie de mon propre vinyle avec le comptoir auditif. Ce sera le vinyle de Paris City Jazz, un quatre titres sur lequel figurera aussi street blues et deux autres titres inédits !

Peux-tu nous expliquer comment tout s’est accéléré  pour toi ?

Le vrai boom, le vrai déclic, ça a été la sortie de Paris City Jazz.

Les autres productions fonctionnaient plutôt bien mais tout s’est véritablement accéléré avec celle-ci. Dès qu’elle est sortie, j’ai pu constater que ça avait explosé d’un coup.
Cela s’est manifesté en particulier sur ma page facebook, sur laquelle j’ai eu de plus en plus d’interactions et de retours positifs.
Mon collectif et moi l’avons envoyé à la chaine spécialisé Houseum, qui à révélé bon nombre de gros hit dans le domaine. La personne qui s’en occupe à véritablement apprécié et l’a ensuite publié. Le succès à été immédiat avec un nombre de vues qui à tout de suite décollé.

Est-ce le titre dont tu es le plus fier ? Raconte-nous son histoire !

Oui, car en plus tout est parti d’un fait anodin !
J’étais sur LeParisien.fr et je regardais une vidéo d’actu, dont la musique de fond, du jazz, m’a directement plu. J’ai cherché, cherché et encore cherché le titre jusqu’à enfin le trouver pour pouvoir le sampler. Ca sentait la musique libre de droit. (rires)
Ce qui me plaisait surtout dans ce morceau, c’était sa ligne de basse !
Je l’ai donc samplé, j’avais la base de Paris City Jazz ! J’ai ensuite fait le piano.
J’ai encore rajouté quelques éléments, dont le saxophone que j’ai moi-même enregistré. Enfin j’ai rajouté le vocal, le petit plus qui fait toute la différence. La aussi tout à été très rapide. J’ai sorti le son en une soirée !
En le composant et en le réécoutant, j’ai directement senti qu’il se passait quelque chose de spécial avec ce morceau.

Donc tu joues du saxophone

Oui, oui ! J’ai suivi une formation classique au cours de laquelle j’ai appris le solfège et à jouer de la clarinette. Je souhaitais jouer du saxo en live pour un précédent projet, j’ai donc appris à en jouer il y a deux ans.

…et tu lui redonnes ses lettres de noblesses !

Oui, en quelques sortes ! J’ai toujours été fan de cet instrument mais aussi d’artistes qui l’utilisaient il y a 3,4 ans dans leur production comme Bakermat. Nous avons d’ailleurs été en contact à l’occasion d’un précédent projet il y a quelques temps. Nous avons failli collaborer.
Nous n’avons eu par la suite pas tout à fait les même chemins musicaux mais j’ai vu hier qu’il avait liké ma page sur Facebook ! (rires)

On parle souvent de dj/producteur, as-tu un penchant pour l’un de ces deux aspects ?
À la vue de tes premières réponses, on imagine que oui !

Moi, j’ai toujours préféré l’aspect production. Je compose pendant des heures chez moi des centaines de morceau par mois. C’est donc cet aspect là que je préfère.
Etre DJ c’est un peu comme le résultat de ce travail de production, c’est une récompense et c’est aussi et surtout ce qui me permet d’être en lien avec le public. Cela « m’oblige » aussi à continuer de chercher
tous le temps de nouveaux morceaux et toujours plus m’intéresser à ce style qu’est la house.

Le jazz, la funk mais aussi le hip-hop et peut-être un peu le rap semblent avoir une grande influence sur la plupart des tes compositions. Peux-tu nous expliquer quelle relation tu entretiens avec ces différents styles ?

J’ai toujours écouté et adoré le jazz, notamment grâce à mon père. J’en fait aussi. J’ai vraiment une relation spéciale avec cette musique là. Je trouve cette musique aussi très intéressante dans le sens où je peux en sampler une petite partie, un court extrait et en faire quelque chose de relativement différent derrière, sur lequel je peux bâtir mon propre truc.
J’aime aussi beaucoup tout ce qui est disco, genre que je découvre de plus en plus.
En revanche, j’aime nettement moins sampler ce style car c’est déjà quelque chose qui se veut dansant à la base. Ces deux styles sont les piliers de mes influences musicales.

Tes productions semblent être un habile concentré de tout cela, est-ce un créneau sur lequel tu te vois naturellement évoluer par la suite ou doit-on s’attendre à des orientations relativement différentes à l’avenir ?

Je vais continuer à faire de la house, ça c’est sûr (rires) !
Je fonctionne toujours à partir d’un sample, c’est ma base. Du coup le sample peut m’amener vers différents univers. Si tu prends Ghetto Dance et Paris City Jazz, c’est déjà deux mondes différents. Pareil, si tu écoutes mes premières prods, elles diffèrent quand même pas mal de Paris City Jazz et ont un coté house pur jus plus prononcé.
Dans l’EP que je vais sortir, il y a surement un morceau qui va surprendre les habitués, un peu plus punchy, à la mall grab je dirais ! (Rires)

On croit savoir que Saint-Germain est l’un de tes artistes favoris, as-tu d’autres « maitres à penser » en termes d’influences musicales ?

Saint-Germain, c’est impressionnant, car c’est avant tout un vrai musicien-compositeur.
Il à son propre orchestre et fait venir des musiciens du monde entier, notamment d’Afrique pour composer.
Dans le même temps, il a aussi pour moi sorti ce qui représente l’hymne de la House, à savoir
what’s new ! Ce titre, c’est vraiment l’essence même de ce style, à chaque fois que je vais à une soirée house, je l’entends
Cet artiste à donc pour moi une grande valeur symbolique en plus d’être respecté de tous.


Un autre groupe que j’adore, c’est The Groove Relation.
Ce sont des mecs qui font de la house  assez vieille, classic house, avec du saxo dessus, c’est le top ! J’en joue quasiment à tous mes sets d’ailleurs. C’est vraiment l’un de mes EP préférés.

J’adore enfin un autre mec qui s’appelle Lego, qui fait des trucs très grooy, notamment au piano. C’est un artiste house que j’apprécie vraiment beaucoup.

Quels sont tes prochains objectifs et tes prochaines dates à venir ?

Nous l’avons déjà évoqué précédemment, mais mon principal prochain objectif est la sortie de mon vinyle. On fait ça en famille et j’ai vraiment hâte. C’est la prochaine grosse étape.

D’autre part, ce serait d’arriver à mettre au point un live abouti, au cours duquel je jouerai uniquement mes compos, il faut pour cela que je trouve une configuration qui me convient bien !

Je souhaite enfin continuer à collaborer avec des petits labels.

As-tu d’autres projets en parallèle ?

Je vais reprendre  le projet Boubou, refaire quelques prods hip-hop. Avec le succès naissant de Bellaire, j’ai un peu laissé de coté ce beau projet. Mais j’ai des nouvelles pistes pour le réactiver, notamment via une collab avec Flo The Kid.
Avant, je souhaitais toucher un maximum de monde en faisant pour cela des prods. un peu commerciales. Maintenant, j’ai envie de tenter de nouvelles choses, des faire des choses un peu bizarres (rires) !”

 

Retrouvez Bellaire à Rouen le 14 Octobre prochain !