Hebdo Culture #2: Être Moderne, Detroit et Sophie Calle

Cette semaine, pour notre deuxième hebdo culture, le monstre d’art moderne de l’année: le Museum of Modern Art de New York s’invite à Paris à travers l’exposition Être Moderne à la Fondation Louis Vuitton. Côté ciné on vous parle de Detroit, le film sur les émeutes de 67. Et enfin, Art toujours, mais un peu plus insolite et contemporain, l’exposition Sophie Calle au Musée de la Chasse et de la Nature.


Être Moderne: LE MoMA à Paris



Pour la toute première fois en France, le MoMA – Musée d’Art Moderne de New York – prête une partie de ses collections dans une exposition où l’on pourra visiter ce musée depuis Paris. C’est 200 oeuvres qui viendront investir la totalité de l’architecture sublime de la Fondation Louis Vuitton à partir de ce mercredi 11 Octobre jusqu’au 5 Mars. L’exposition offre une sélection d’œuvres des différentes collections du MoMA, retraçant ainsi l’histoire du musée. L’approche est aussi transdisciplinaire puisque nous pourrons y voir peintures, sculptures et œuvres numériques parmi d’autres médias. Le parcours se veut chronologique puisqu’au fil des étages on évoluera, par décennies, des premières acquisitions du musée à son ouverture en 1929 jusqu’aux acquisitions plus récentes. Ce sont aussi des œuvres jamais exposées en France, comme les Campbell’s Soup Cans de Warhol que nous pourrons y découvrir. C’est presque un siècle d’œuvres qui pourront y être vues, notamment de Cézanne, Klimt, Picasso, Matisse, Hopper, Picabia, Mies van der Rohe, Duchamp, Magritte, de Kooning, et d’autres artistes moins connus du grand public.

Le MoMA fût le prototype du musée d’art moderne, et a activement participé à la constitution de son canon, à faire en sorte que des œuvres deviennent des “classiques”. C’est une démarche qui définit quelque part l’essence même de la réflexion artistique Américaine, puisqu’étant une société intrinsèquement moderne, elle a dû fonder sa culture sur des classiques, un canon récent. Ce musée a donc eu un impact indéniable sur la reconnaissance mondiale de l’art moderne en tant qu’art, en lui permettant d’avoir sa place dans les musées et de lui donner l’importance qu’il mérite à une époque où il était très largement controversé.

Une exposition à voir absolument donc, puisqu’au-delà des œuvres exceptionnelles qu’elle présente, elle est aussi la représentation de la fondation de tout un courant d’art.

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Detroit de Kathryn Bigelow



Detroit raconte l’incident de l’Algiers Motel pendant l’émeute de Détroit en 1967. Sa réalisatrice, Kathryn Bigelow, est connue pour Démineurs et Zero Dark Thirty, ce qui montre notamment un goût pour le traitement de sujets politiques assez sensibles. Kathryn Bigelow fût la première femme réalisatrice à recevoir l’Academy Award du meilleur réalisateur, ce qui fait d’elle une icône et une réalisatrice à connaitre.

Les émeutes de Détroit ont commencé le 23 juillet 1967 par un raid de police dans un bar clandestin de la ville, alors que les gens y célébraient le retour du Vietnam de deux vétérans noirs. Cette attaque contre ce speakeasy, symbole de la culture noire de Détroit, lance alors ces cinq jour d’émeutes raciales. Le film parle de l’incident de l’Algiers Motel, qui assiégé par la police, fût le lieu de la mort de trois jeunes noirs. Le groupe de policiers qui a investit le motel agit ensuite par représailles plutôt que par justesse et malmène le groupe de jeunes gens présent dans l’hôtel.

Un film qui raconte l’histoire d’une tragédie reflétant encore aujourd’hui les violences policières envers la population noire Américaine. Un fait historique de 1967 qui est résolument actuel et qui fait écho aux récentes actions de Black Lives Matters. Ce sera en salles à partir de ce mercredi 11 Octobre.



Sophie Calle au Musée de la Chasse et de la Nature



Depuis sa rétrospective au centre Pompidou en 2003, c’est au Musée de la Chasse et de la Nature que Sophie Calle exposera, à partir du 10 octobre et jusqu’au 11 février, une collection de ses œuvres couvrant plusieurs décennies de sa carrière. Son travail, assez conceptuel, est centré sur les thématiques du récit. De l’intime au public, du réel à la fiction, elle raconte l’histoire d’inconnus ou se fait conter des histoires par des inconnus. Elle collecte des lettres d’amour, se fait suivre par un détective privé et nous raconte tout à travers ses œuvres. Sophie Calle a aussi produit des œuvres spécialement pour l’occasion qui seront donc à découvrir pour la toute première fois.

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